Quand je remonte à vélo à la maison, les pins de la forêt me font peur. Ils sont sombres. Mais ils entourent, ils protègent, ils accompagnent.
Si on monte dans la forêt il y a une cabane, et un peu plus loin il y a une bergerie en ruine.
On voit la terre remuée par les sangliers, on entend les ânes qui hennissent de l’autre coté en bas.
L'été, il fait frais dans cette forêt.
De la forêt on peut apercevoir la maison en contrebas. On peut observer ce qu’il se passe dans la salle à manger, on peut entendre les voix mais eux ne nous voient pas.
Une cachette, un refuge, un lieu à apprivoiser.
Dans l'œuvre de Marguerite Duras, la forêt se construit en opposition à la maison. Lieu de transgression, de l’interdit, lieu du refus, la forêt attire et fait peur. C’est le prolongement du jardin.
C’est là où l’imaginaire commence.
C’est dans cette ambiguïté que mes réflexions naissent, que mon regard se nourrit.
Mes peintures me permettent de partager une manière d’être au monde comme dit Baptiste Morizot.
Ces formes abstraites que je crée sont des corps qui sont le résultat de mes observations, de mes réflexions. Ce sont des corps qui donnent un point de vue sur le monde.