Partout où l’on regarde, l’obsession contemporaine pour la mémoire dans les débats publics se heurte à une panique intense de l’oubli, et l’on peut légitimement se demander laquelle des deux précède l’autre. Est-ce la peur d’oublier qui déclenche le désir de se souvenir, ou est-ce peut-être l’inverse ? Se pourrait-il que la surabondance de mémoire dans cette culture saturée de médias crée une telle surcharge que le système mémoriel lui-même soit en danger constant d’implosion, déclenchant ainsi la peur d’oublier ?
Present Past : Media, Politics, Amnesia, Andreas Huyssen
J’ai intitulé ce texte Memento Vixit en pensant à une manière poétique de répondre au pourquoi je sélectionne les images que je montre. Ma pratique artistique s’appuie sur une sélection de photographies dites vernaculairesI des années 1960 à 1980. Je travaille avec ces images à travers le prisme des récits narratifs de nos souvenirs personnels et collectifs. Chiné sur internet, je cherche dans l’abondance de ces photographies oubliées leurs singularités. Les récits que j’engage ont des caractéristiques sociales et culturelles communes qui, par le biais de différentes transformations plastiques et dans leurs mises en espace, se déplacent vers une narration plus personnelle.